Vivre sans pourquoi / Alexandre Jollien


Vivre sans pourquoi : itinéraire spirituel d'un philosophe en Corée / Alexandre Jollien. Paris : Seuil & L'Iconoclaste. 03/2015, 320 p.


Citations de l'essai disponible sur mon blog : http://citations-auteurs.blogspot.fr/2012/11/alexandre-jollien-ne-en-suisse-en-1975.html


Le dernier volet des périples philosophiques d'Alexandre Jollien se déroule en Corée du Sud, où l'écrivain a déménagé avec sa femme et ses trois enfants, pour une quête spirituelle, et une éducation au lâcher prise, au détachement.

Fidèle à ses thèmes de prédiction qui l'ont fait connaître au fil de son oeuvre (Eloge de la faiblesse, Le métier d'homme, Le philosophe nu), il entreprend encore de se détacher de toutes les passions, les comparaisons, les quant dira t-on, pour atteindre le bonheur.

Ces thèmes ne sont pas nouveaux. Ce "Vivre sans pourquoi" n'est donc qu'une poursuite de sa philosophie, qui est de réussir enfin à vivre le moment présent, tel qu'il se présente, sans lui donner une charge dramatique ou émotionnelle qu'avec du recul il perd toujours.

Alexandre Jollien nous incite à profiter du moment présent, des cadeaux quotidiens de l'existence, sans en décortiquer tout le contenu, sans nous rendre malade par des questionnements incessants et inutiles, qui provoquent simplement une incapacité à jouir du moment présent.

Petit virage dans la foi, dans une philosophie qui se mélange et s’entremêle de plus en plus avec la religion, et l'idée que ce que l'on fait on le fait pour soi, mais surtout pour Dieu, le seul digne de poser un regard sur ce que l'on est, sans jugement et avec la plus pure bienveillance.

Ce virage, Alexandre Jollien l'avait déjà entamé dans son précédent essai "Petit traité de l'abandon", où ses références bibliques ou bouddhistes parsemaient déjà ses pensées.

Ici, "Vivre sans pourquoi" prend une couleur plus encore religieuse, avec des références à St François d'Assise, St Augustin, la Bible, les Evangiles, le Nouveau Testament, et bouddhiste, par le maître qu'il a trouvé en Corée et qui lui enseigne la méditation, le silence, la philosophie zen, et qui est son recours à chaque angoisse.

Alexandre Jollien qui tend à se détacher de toute nuisance extérieure (jugement, comparaison, attachement, peur de déplaire) reste incapable de se passer de Facebook, tout en étant dans une quête profonde qui sera longue ; celle de se dépouiller de ce qui nous empêche d'être heureux aujourd'hui. Pour cela, il est prêt à entendre les voix de ceux qui portent la parole sainte ou simplement saine, pleine de vérité, de ne plus chercher à avoir plus et de toujours s'agiter, pour prendre le temps de méditer sur tout ce que l'on a déjà, et enfin percevoir le bonheur présent dans toutes les choses de la vie quotidienne, sans vouloir toujours décrocher les étoiles.

Cet essai est complété d'un CD où Alexandre Jollien parle de ce livre, et de ce qui le guide, le fait avancer.
Comme si après la lecture, nous avions la chance de pouvoir avoir une discussion avec l'auteur, qui en explique autrement quelques expériences citées dans "Vivre sans pourquoi."

Le CD n'est pas ordinaire. Ce n'est pas le livre lu, mais des propos qui complètent certains extraits du livre, avec des anecdotes inédites, qui ne sont pas dévoilées par la seule lecture.

Lire Alexandre Jollien est un cheminement.
Il n'est pas indispensable de s'interroger sur la spiritualité, ou sur la religion pour aimer ce nouveau épisode de son ascension sur la montagne du vivre mieux, plus en conscience avec soi et les autres.

Si l'ambition est de vivre mieux, plus heureux, tout en partageant un moment rare avec un homme chaleureux, il n'y a pas à hésiter. C'est un moment de vrai plaisir de lecture, d'intelligence du cœur, de bon sens.

(c) Véronique Meynier, le  03/10/2015.

Commentaires

  1. Tout ce qui est beau est aussi difficile que rare belle leçon de courage et de sagesse c vrai merci

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