Le métier d'homme / Alexandre Jollien


Le métier d’homme, façon  Jollien, rejoint la théorie de résilience de Boris Cyrulnik. D’évidence, la personnalité d’Alexandre Jollien s’est construite et forgée sur la base initiale et fragile de son handicap.

Cette construction de soi, cette philosophie de vie, cette prise en main de sa vie, Alexandre Jollien le doit à son handicap, qu’il a réussi à transformer en force.

Assumer sa différence, cette faiblesse face à la cruauté de l’autre, le rend plus combattif et armé contre les embûches de la vie, qu’il relativise et qui lui donne une légèreté, un désir de profiter de tous les moments de la vie qui ne sont pas graves et qui se transforment en moments magiques selon l’état d’esprit, l’attention que l’on porte à l’instant et à l’autre.

Légèreté de ne pas se prendre au sérieux et d’aimer la vie qui vaut le coup d’être vécue.
Pas de raison de donner du poids aux biens portants méprisants et odieux, qui du haut de leur bonne santé pensent valoir bien mieux, qu’un homme physiquement diminué.
Pourtant, pas la moindre motivation de se blinder, de se passer des émotions en se protégeant derrière une confortable et sécurisante carapace, qui ne laisserait passer aucune chaleur humaine, que la plupart des êtres savent  donner.

Ce magnifique petit texte (par son petit nombre de pages) n’en est pas moins une belle et immense  leçon de vie : celle de fermer les yeux pour ne pas juger l’autre avant de le connaître ; lui laisser le bénéfice du doute, de ne rien imaginer sur sa seule apparence.
Leçon de tolérance et d’optimisme, qui confirme que notre vie n’est que le reflet de ce que nous en faisons. Aucun handicap, aucune différence ne peut être le prétexte à une vie de souffrance, quand celui qui habite ce corps aime autant la vie.

Alexandre a tout du surhomme de Nietzsche, dans ce surpassement de sa destinée (arrêtée dès sa naissance pour les spécialistes qui s’étaient penchés sur son berceau). Il avait envie d’être un grand homme, et rien n’aurait pu l’empêcher de devenir ce qu’il voulait être.
C’est vrai, la volonté et la lucidité de ce que l’on est et de ce que l’on veut atteindre donne des ailes.
Merci Alexandre pour ce beau témoignage, et merci à Nietzsche, qui vous inspire tant.
Je crois en l’éthique de l’admiration, et au fait qu’à avoir de sublimes modèles, on ne peut dépérir, mais prendre de la hauteur d’âme.

Site de l'auteur à visiterhttp://www.alexandre-jollien.ch/
Mon blog de citations avec quelques extraits du texte : http://citations-auteurs.blogspot.fr/

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