Le sommeil le plus doux / Anne Goscinny


Le sommeil le plus doux : roman / Anne Goscinny.- Paris : Grasset, 04/2016, 138 p.



Après «Le bruit des clefs», récit témoignage brossant le tableau de l’absence d’André Goscinny, son père, (mort d’un arrêt cardiaque en faisant un examen chez son médecin) quand elle était enfant, Anne Goscinny nous parle ici de sa mère, et de leurs dernières vacances ensemble.

Anne Goscinny, dans «Le bruit des clefs» évoquait le manque produit par son père mort trop tôt, qui l’a empêchée des années durant, de se construire, de poursuivre sa vie de femme, dans ce vide qui prenait toute la place dans sa tête.
Ce père adulé, créateur d’Astérix, elle n’avait pas eu le temps, elle, de faire entièrement connaissance avec lui, et de grandir dans un cocon familial classique.

Dans «Le bruit des clefs», Anne Goscinny, évoquait le cancer naissant de sa mère, qui devait faire face à deux drames : la mort de son époux et la maladie qui surgit, ignoble et destructrice.

«Le sommeil le plus doux», sous-titré «roman» (pourquoi ?), évoque le dernier Noël de cette femme, dont la tumeur a gagné tout le terrain, et qui vit ses derniers jours.
Sa fille accède à son dernier désir : passer quelques jours à Nice, la ville où elle est née, où planent tous ses souvenirs de jeune-fille.

Récit de derniers jours en famille, entre trois femmes, trois générations : la fille, la mère mourante, et la grand-mère paternelle.

A nouveau, ce texte autobiographique (malgré la réserve indiquée par «roman» dans le titre) est écrit en émotion et subtilité, profondeur des sentiments ancrés et éprouvés.
Texte court où la beauté des instants présents et que l’on sait n’être qu’éphémères sont à prendre à pleines mains, puisque nous savons que ces instants sont comptés.
Sans doute, Anne Goscinny a brodé ou supprimé quelques instants trop personnels et a fait de ces 3 femmes des personnages de roman. Mais l’intensité des affections familiales et de la douleur ressentie de leur imminente perte a un écho universel.

Son récit de vie, d’amour pour une mère dont elle a appris très jeune à supporter la maladie et la perspective du deuil à venir, a la simplicité des sentiments ancrés en chacun de nous depuis l’enfance, et la douleur de la solitude à venir, du deuil particulier face à cette relation filiale.

© Véronique Meynier, le 05/10/2017

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