Un soir d'été / Philippe Besson
Un soir d’été : roman / Philippe Besson.- Paris : Julliard, 2024, 203 p.
Citations de Philippe Besson. Conseils de lectures de ses romans : Ceci n'est pas un fait divers ; La maison Atlantique ; Les passants de Lisbonne.
«Nous étions six -cinq garçons et une fille- insouciants, frivoles, joyeux, dans un été de tous les possibles. Pourquoi a-t-il fallu que l’un d’entre nous disparaisse ? » (p. 198).
Philippe Besson raconte dans Un soir d’été, l’été de ses dix-huit ans, à l’Ile de Ré. Où il a l’habitude de passer ses vacances. Avec ses parents, et François, l’ami qu’il y retrouve chaque année. Et en cet an 1985, à Philippe et François, vont s’ajouter Nicolas, Christophe, Marc et Alice.
Ce groupe d’ami.e.s se retrouve régulièrement. Surtout en soirée, puisque François, en dehors des vacances, est très pris par son travail de boucher. Quand les quatre autres ne sont qu’étudiants et libérés de contraintes, et peuvent ne faire qu’aller à la plage et s’amuser. Des amitiés et des amours se forment, se renforcent. Même si Nicolas n’est pas très sociable, assez renfermé, Philippe noue au fil des jours un lien fort avec lui, et devient son premier confident.
Eté classique pour ce groupe de jeunes des années 80, qui ne souhaite que ce temps dure longtemps. Et a la conviction que l’année prochaine, les mêmes rencontres, les mêmes ami.e.s seront sur les mêmes plages, les mêmes fêtes, sur les mêmes chemins, illustreront les mêmes paysages.
Et la vie future, l’avenir, le lendemain étant un électron libre, tout ne se passera pas comme prévu. Puisqu’un membre du groupe va subitement les quitter, les laissant avec questionnements, doutes, nostalgie, craintes.
Philippe Besson, dans Un soir d’été questionne le bonheur tranquille, les plaisirs d’être avec les gens qu’on aime, dont on ne profite pas autant qu’il le faudrait. Ces gens qui sont notre raison de vivre, à une époque de notre existence, et à qui on ne porte pas assez d’attention. Comme si ces liens, ces présences étaient éternelles, et pas amenées à disparaître, à fondre.
Un soir d’été sous la plume de Philippe Besson que j’apprécie tant, donne une nouvelle preuve de cette insouciance qui nous habite et nous rend serein et heureux. Et dont nous ne tenons pas compte, ne réalisons pas qu’il s’agit d’un trésor. Et inévitablement, le jour du lien perdu, de la perte vécue, l’insouciance meurt et nous y réalisons trop tard que nous avions un inestimable trésor entre les mains, à jamais perdu.
© Véronique Meynier. Article écrit le 05/11/2024 et mis en ligne le 07/08/2026 à 16h.
















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