La maison Atlantique / Philippe Besson


La maison Atlantique / Philippe Besson.- Paris : Julliard, 2014. 217 p.
  



















«Je suis orphelin, ce sont des choses qui arrivent. J’avais seize ans quand j’ai perdu ma mère, dix-huit lorsque mon père est parti. […].
J’ai oublié de vous dire : aucune de ces deux morts n’est accidentelle.»

Ainsi commence ce roman de Philippe Besson.
Le narrateur, jeune homme de dix-huit ans, a perdu sa mère qui s’est suicidée.
Son père, avec lequel il n’a jamais rien partagé, et qu’il rend responsable de la fin tragique de sa mère, choisit de retourner cet été dans la «Maison Atlantique» que cette femme disparue a tant aimée.

Ces vacances seront les dernières qu’ils passeront ensemble. Et dans cette maison familiale naîtront, le temps d’un été, désirs, jalousies et passions qui passeront en un éclair de la légèreté à une tragédie.  

Accompagnant les deux hommes, d’autres personnages arrivent. Agathe, jeune femme qui sera le flirt du jeune homme. Raphaël et Cécile, deux voisins, venus habiter le temps des vacances, la maison en face de la Maison Atlantique.

Cécile est belle, jeune et aspire à une vie moins routinière, plus excitante.
Raphaël est un mari confiant, et assez réservé. Il aime sa femme et a une entière confiance en Cécile.

Le père du jeune homme, est séduisant et séducteur. Raison peut-être de la mort de sa femme, qui ne supportait plus ses infidélités.
Cécile est comme venue dans la gueule du loup… à moins que de jouer le petit chaperon rouge ne lui fasse pas autant peur que dans le conte ?

Mais que devient une relation extra-conjugale quand elle prend toute la place, et que l’on perd le contrôle des sentiments, que l’on ressent ou que l’on inspire ?

Ce roman est savamment construit. Philippe Besson commence sur une relation père-fils difficile, et une histoire familiale triste, mais banale.

Son écriture intelligente fait monter une pression, et donne une atmosphère pesante au fil des pages, avec l’inquiétude du lecteur qui pressent que le drame n’est plus très loin.
Mais sous quelle forme va-t-il se manifester ?

Les personnages du roman sont tour à tour légers, lâches, intéressés, désireux de vivre à n’importe quel prix, et pris au piège de leurs écarts, de leurs petites médiocrités.

Très joli roman qui se lit d’une traite. 

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