Patients / Grand Corps Malade

Patients / Grand Corps Malade.- Paris : Ed. Don Quichotte, 2012. 163 p.


(Citations disponibles sur http://citations-auteurs.blogspot.fr/2013/07/fabien-marsaud-alias-grand-corps-malade.html)

J'aime Grand Corps Malade pour ses textes, sa poésie si particulière. Alors, son nom sur la couverture d'un essai m'a naturellement donné envie de le lire.

Cette autobiographie débute par le transport en ambulance de Fabien Marsaud, 20 ans, qui vient de s'écraser dans une piscine.
Direction les urgences et les soins intensifs où le lecteur suit Fabien.
L'histoire se focalise ensuite sur la vie au quotidien en centre de rééducation.

Centre habité d'handicapés, de grands brûlés ou de traumatisés crâniens, l'atmosphère n'est pas celle d'un centre de vacances.
Pourtant, Grand Corps Malade évoque avec humour et drôlerie ces longs mois passés sur un lit d’hôpital. Des anecdotes de situations drôles, émouvantes ou cocasses jaillissent à chaque page : aides-soignants dévoués ou maladroits, belles rencontres d'êtres cabossés qui deviennent de véritables amis et permettent de rendre le quotidien moins noir.

La réalité de l'existence est ici à fleur de peau, avec ses brutalités. Fabien Marsaud n'enrobe pas de poésie la difficulté, la souffrance de perdre son autonomie et de dépendre d'un aide-soignant pour le confort de son corps.
Cette dépendance obligée pour ce qui tient de l'intimité est douloureuse.

Certains tétraplégiques retrouveront une mobilité, progresseront et reprendront goût à la vie. Pour d'autres, la rééducation est inutile, les séquelles sont trop importantes, et la paralysie définitive et immuable. Pour eux, la déprime est assez légitime et difficile à éviter.

Les coups du sort ayant une mauvaise tendance à se concentrer sur les mêmes êtres, Patients évoque le parcours d'un camarade de chambre de Fabien très touchante. Pour cet Eddy, Fabien écrit "qu'il n'existe aucune phrase refuge à la hauteur de sa peine."
Grand Corps Malade a eu de la chance. Sa paraplégie a évolué. Il a pu remarcher. Difficile de ne pas culpabiliser auprès des autres locataires du Centre qui resteront nombreux dans leur fauteuil.

Plaisir de rester vivant, et de récupérer son capital jeunesse, mobilité. Cela n'était pas gagné. Après l'accident, Fabien ne devait, d'après les diagnostics médicaux, jamais remarcher.

Ce témoignage est poignant, sincère et simple. Patients se lit d'une traite, et se termine trop vite.

(c) Véronique Meynier, le 06/07/2013

  

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