Sur le bonheur / Pierre Teilhard de Chardin


Sur le bonheur / Pierre Teilhard de Chardin. Paris : Seuil, 1966. 90 p.


Citations de l'essai disponibles sur : http://citations-auteurs.blogspot.fr/2015/05/pierre-teilhard-de-chardin-1881-1955.html

Ce petit traité de philosophie sur le bonheur est issu d'une Conférence du Prêtre Pierre Teilhard de Chardin (14 Juin 1928) : 
"Puisque je ne peux malheureusement pas vous donner le bonheur, puissé-je au moins vous aider à le trouver !" (P. 13).

Pierre Teilhard de Chardin use d'une métaphore pour nous faire comprendre sa théorie du bonheur. Il imagine une excursion d'alpinistes qui projettent de se rendre sur le sommet d'une montagne.
Le groupe qui se réunit pour cette balade se compose d'individus au caractère propre à trois catégories d'hommes :
- Les fatigués ou les pessimistes : dès le départ, ils trouvent que les risques, les efforts sont bien supérieurs à l'intérêt que l'excursion aura. Leurs doutes et réserves sont si prédominants, qu'ils reviennent au refuge et interrompent cette balade qui n'a aucun sens.
- Les bons vivants ou jouisseurs : ils sont contents de leur balade, et ne vont pas aller jusqu'au sommet comme prévu. Leur plaisir d'air pur, les paysages sont déjà très beaux, et il n'est pas utile de faire plus d'efforts, le sommet est bien trop haut, leur joie déjà au firmament. Leur joie ne réside de toutes façons pas dans l'action, mais dans le fait de savourer l'instant, d'être pleinement dans le moment présent, de profiter de la vie, de ce qu'elle leur offre naturellement.
- Les ardents : pour eux, la question ne se pose même pas. L'excursion sera peut-être plus longue, plus difficile que prévue, mais leur objectif sera atteint. D'ailleurs, atteignant le sommet, ils imagineront déjà d'autres buts, d'autres quêtes pour les lendemains.  

Retour en arrière, immobilisme ou action, trois attitudes que chacun de nous pense choisir, dans l'illusion d'un bien-être propre à sa nature, sa personnalité.

Ce petit essai "Sur le bonheur" balaie cette idée absurde. En effet, Pierre Teilhard de Chardin nous convainc ici que seule l'action, le mouvement sont possibles.  Le choix n'est pas un élément qui existe.

En effet, le temps s'écoule dans l'avenir. Nous ne pouvons donc pas revenir en arrière, ou nous arrêter, par crainte ou par paresse.
Nous n'avons aucun autre choix que de rejoindre le groupe d'ardents, de ceux pour qui le bien-être n'est pas un but en soi, mais une seule étape de la vie.

Pour ce groupe d'individus dont le bonheur ne va pas de soi, le bien-être n'est pas un droit, il se mérite, et demande que l'on prenne sa vie en main, par des efforts qui donnent à l'existence plus de lumière et de sens.

Ce petit essai "Sur le bonheur" n'est petit que par sa taille.
Il est pour moi un grand coup de cœur, et la seule philosophie de vie qui vaille. 

Pierre Teilhard de Chardin convainc ici ceux qui pourraient encore en douter qu'il faut savoir saisir sa chance, mais avant tout la provoquer.
Il transmet ici un message, qui est pour moi le seul message de foi qui vaille : notre vie n'est que l'assemblage de ce que nous en faisons : une ruine, une distraction, ou une quête d'absolu.

Cette vision de Pierre Teilhard de Chardin me fait penser au Zarathoustra de Nietzsche, qui lui aussi ne voyait dans l'attitude, rien d'autre que la chance de pouvoir devenir quelqu'un de mieux, de plus abouti, à la différence du chemin facile de la descente, qui signe la mort. ("Ce n'est pas l'altitude, c'est la pente qui m'effraie." In Ainsi parlait Zarathoustra. p. 189).

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