Mon très cher amour / Françoise Giroud

Mon très cher amour : roman / Françoise Giroud.- Paris : Librairie Générale Française, 05/1996, 123 p. (Le Livre de Poche : 13961).

C’est l’histoire d’une femme. Divorcée. Longtemps dépendante de son mari. Mari de sa génération. Qui ne voit pas pourquoi sa femme travaillerait. Quand lui gagne leur vie pour deux.

Mais l’histoire de Mon très cher amour se déroule à l’époque où La Femme ouvre les yeux. Sur sa condition. Empêchée. Assujettie, aux envies, aux visions de L’Homme. D’un homme qui dirige sa vie. D’abord son père. Et ensuite son mari.

Période des prémices du féminisme, où le personnage créé par Françoise Giroud, découvre qu’une autre vie est possible. Qu’elle a le droit de choisir ce qu’elle a, elle, envie de vivre.

Elle décide donc de quitter l’homme et le mari qui l’étouffe.

Et reprend sa vie en main. Décide de travailler. Devient agent littéraire. Elle ne fait pour autant, pas vœu d’abstinence. Elle se sait séduisante. Et ressent l’envie de vivre un autre amour. Et qui sait… Peut-être le grand amour, le plus grand de sa nouvelle vie qui commence.

L’avenir de cet amour, nul ne le connait. Mais il dévoile déjà un visage, un prénom. Ce nouvel amour est un jeune avocat. Jerzy, plus jeune qu’elle. Au tout début de sa carrière. Mais empli d’emphase et d’ambition pour une coupable à défendre : Christine T., meurtrière de son amant. Meurtrière car jalouse.

Christine T. dont tous les journaux et les Parisiens parlent. Christine T. décrite par Jerzy d’un seul adjectif auprès de sa maitresse –«sublime», maitresse qui ne comprend pas la jalousie, et s’en sent, s’en croit totalement épargnée.

Françoise Giroud, par ce court roman Mon très cher amour brosse un portrait de femme à la découverte d’elle-même… Fragile, comme toutes les autres femmes… Dont l’équilibre, le bonheur, ne tiennent qu’à un fil… Un fil tendu et solide à priori, qui perd de sa force, de sa solidité au fil des doutes, des interprétations de la réalité, que la femme aimée s’inflige souvent, son assurance se basant sur la chimère que l’amour est solide comme de la pierre. Alors que l’amour est souple, variant. Et qu’il bouge, oscille au gré du vent. Et des regards. Du regard que l’on porte sur lui. Des regards que l’on croise.

© Véronique Meynier, Blog Conseils de lecture Ma Bibliothèque Idéale, Article publié le 05/12/2023 à 14h10.

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