Des hommes sans femmes : nouvelles / Haruki Murakami


Des hommes sans femmes : nouvelles / Haruki Murakami ; Trad. du japonais par Hélène Morita.- Paris : Belfond, 2017, 293 p.



Excès de publication, ou manque d’inspiration…

Murakami a récemment été très médiatisé et omniprésent en librairie (2 nouveaux recueils de nouvelles en 2017). Mais ses deux derniers recueils étaient-ils nécessaires pour son œuvre ?
«Birthday Girl» (très courte nouvelle) et «Des hommes sans femmes» publiés respectivement en septembre et en mars 2017 chez Belfond auraient dû être de belles surprises pour les inconditionnels de l’auteur.

Fidèle lectrice de Murakami, conquise dès l’inoubliable lecture du fabuleux «Kafka sur le rivage» onirique et magistral, ainsi que par sa captivante autobiographie «Autobiographie de l’auteur en coureur de fond», qui mettait judicieusement en parallèle l’effort physique et l’engagement rigoureux nécessaire pour devenir écrivain, j’attendais avec impatience ces deux nouveaux recueils. J’étais une lectrice acquise à sa cause avant d’ouvrir le livre !

Cependant, même si «Birthday Girl» ne m’est pas tombé des mains, grâce aux très belles illustrations et à la taille minuscule du texte, ma lecture du second «Des hommes sans femmes» n’a pas réussi à aller au bout des nouvelles.
7 nouvelles composent cet ouvrage. Mon effort s’est arrêté à la fin de la 3ème  («Un organe indépendant»).

Ma lecture laborieuse, mon ennui et ma colère face à ce livre décevant m’a fait utiliser le précepte d’un ponte du plaisir de lire, Daniel Pennac, qui prône dans «Comme un roman», le droit de ne pas finir un livre. Ce que j’ai fait !

Dans ce Murakami «Des hommes sans femmes», j’ai découvert un écrivain misogyne (les femmes ne savent pas conduire, elles sont biologiquement nées pour mentir…), un auteur médiocre sans inspiration (une histoire banale dont les personnages n’ont pas de consistance, des coucheries, des histoires aussi inintéressantes que le premier mauvais roman de la collection «Harlequin» dont le seul objectif de l’écriture et de la lecture est de mettre en scène un homme et une femme qui coucheront ensemble, sans surprise, et sans aucun intérêt pour la Littérature).

Ces «Hommes sans femmes» me semble être le livre de trop, et sa lecture m’a fait comprendre les détracteurs de Haruki Murakami.  Ce livre de trop (dans mes lectures, dans son œuvre) le situe dans mon jugement de lectrice comme «l’Amélie Nothomb masculin».
Tous deux ont (avaient ? Ont eu ?) une plume, une belle imagination, du style.

Mais à trop le diluer dans l’édition massive et régulière (un ou deux livres par an), il s’avère que ces deux auteurs perdent en qualité, et détruisent le bien fondé de pouvoir les qualifier dans les GRANDS auteurs, d’une BELLE œuvre, dans la catégorie de la littérature qui donne le goût de lire, et entraîne le lecteur dans un cercle sans fin.

Je suis plutôt partisane d’une œuvre rare (certains auteurs sont connus pour un seul roman spectaculaire : par exemple Takehiro Irokawa, autre auteur japonais, connu pour un seul roman «Journal d’un fou». Dommage que Murakami soit plutôt devenu une «marque» qui fait vendre quoi qu’elle contienne.

Après «Des hommes sans femmes» qui me reste sur l’estomac comme un produit sûr dont la publicité était mensongère, je vais m’éloigner un peu de cet auteur, qui m’a enthousiasmée par des romans plus anciens, très brillants et dont la lecture a été joyeuse et restera dans ma mémoire (et dans ma bibliothèque idéale).

Son œuvre plus récente me laisse de marbre, et je prends désormais de la distance pour découvrir de nouveaux auteurs ou rester attentive à d’autres écrivains pour lesquels ma fidélité est toujours récompensée par l’intérêt  présent dans n’importe lequel de leur texte (Sylvain Tesson notamment).

© Véronique Meynier, 13/01/2018

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